Message 8 eme semaine de confinement
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Message 8 eme semaine de confinement
Un petit peu de lumière comment à poindre au bout de toutes ces semaines de confinement, et nous attaquons déjà la 8ème semaine ; car le début d’un déconfinement nous est promis. Ces derniers jours, j’ai entendu à droite et à gauche sur les réseaux sociaux que nous, chrétiens, nous nous situons parmi les catégories sociales les plus obéissantes en France ...
 

Chers ami(e)s paroissien(ne)s

 

Un petit peu de lumière comment à poindre au bout de toutes ces semaines de confinement, et nous attaquons déjà la 8ème semaine ; car le début d'un déconfinement nous est promis. Ces derniers jours, j'ai entendu à droite et à gauche sur les réseaux sociaux que nous, chrétiens, nous nous situons parmi les catégories sociales les plus obéissantes en France et qu'il est grand temps pour nous chrétiens de quitter notre torpeur et notre obéissance aveugle face aux décisions de ceux qui nous gouvernent.

 

Depuis Panurge et ses fameux moutons, on n'accepte pas volontiers d'être comparé à des brebis. L'homme contemporain, fier de sa liberté et de son autonomie, se hérisse à l'idée de se voir conduit comme un troupeau bêlant, même si le bercail est bien à l'abri des méchants loups et regorge de fourrage. Oui, l'homme moderne préfère trouver lui-même sa pâture, à ses risques et périls. C'est pourquoi il n'est pas facile de se faire à l'image de Jésus Bon Pasteur, proposée pour ce 4ème dimanche de Pâques.

 

Bien sûr, elle est traditionnelle et même émouvante. C'est sans doute la première représentation chrétienne du Sauveur, telle qu'on peut encore la voir dans les Catacombes à la sortie de Rome. Mais, elle véhicule aussi une note négative de passivité et de conformisme chez ces brebis auxquels nous devrions ressembler pour suivre le Christ. Le malaise augmente lorsqu'on assimile le troupeau à l'Eglise, au « Peuple de Dieu », qui passe de pasteur en pasteur, de gérant à gérant, sans qu'on lui demande son propre avis.

 

S'il est vrai que nul ne vient au Christ si le Père ne l'attire, nul aussi n'est forcé de faire ce premier pas. C'est bien librement que l'on adhère à l'Evangile et que l'on vient à l'Eglise. Les portes sont largement ouvertes (même en cette période de confinement à Gémenos et à Cuges) pour y entrer, mais aussi pour en sortir. Bien sûr, Jésus donne vie à ceux et celles qui le suivent. Et comme nous voudrions être nombreux à lui donner la main et à être tenus fermement par la sienne, surtout en ce temps de confinement !!! Mais, il reste que la vie divine est une graine offerte à notre bon plaisir, et il n'appartient qu'à nous de faire grandir pour qu'elle puisse donner du fruit et des fruits qui demeurent. Etre baptisé ce n'est donc pas se mettre à l'abri dans un bercail blindé contre les loups, mais c'est courir le risque de notre responsabilité chrétienne au milieu d'un monde qui fait miroiter d'autres bonheurs éphémères.

 

Notre « Bon Pasteur » n'a rien du gourou qui subjugue et qui retient par la force des adeptes timorés et infantilisés. Jésus veut être aimé et suivi pour lui-même ; il fait confiance sans jamais s'imposer ou imposer par la force. Dieu nous aime tellement qu'il nous a créés libres pour pouvoir l'aimer en vérité et en dignité.

 

Donc pas de chiens bergers, ni de crosse (ce qui ne veut pas dire qu'on renonce à suivre les ordres de nos évêques…), ni de bâton autour du « Bon Berger ». Pas de contrainte, mais seulement une voix qui ne se fait percevoir que dans l'intimité du cœur, dans un cœur à cœur entre véritable disciple et authentique Seigneur et Maître. On ne suit pas le Christ sans être préalablement en connivence avec lui. L'aventure de la foi naît d'une expérience, la plupart du temps intraduisible et incommunicable, c'est ce que nous appelions le « mystère d'une vocation ».

 

« Il m'a aimé jusque-là », répétait peut-être notre propre cœur, touché un jour au fond de notre misère morale et parfois physique par la miséricorde de Dieu. « Le Bon Pasteur est venu me chercher jusque-là… » Et ce fut le départ non seulement d'un chemin de conversion, mais d'un engagement conscient et responsable auprès d'autres personnes « perdues » et de malades mal aimés.

 

La voix du Bon Pasteur, c'est le regard de Jésus porté sur Pierre après le chant du coq, l'affection offerte à Judas quand il l'appelle par son nom au moment de la trahison au jardin de Gethsémani, l'adresse à « Marie » (de Magdala) dans le jardin de la résurrection, l'invitation à Thomas jusque-là incrédule. Oui, un regard d'amour qui ne juge pas, mais qui pardonne, interpelle et envoie en mission. Pierre est invité à réconforter ses frères, Marie-Madeleine à évangéliser les apôtres, Thomas à devenir le patron des vrais croyants. Et qui oserait dire ce qu'il advient de Judas, s'il n'est pas allé jusqu'au bout de son geste de désespoir ? Oui, on ne peut aimer qu'après avoir été aimé et pardonné, on ne peut être des « moutons du Christ » qu'après avoir compris que c'est une obéissance qui libère et qui délivre de toute peur et de toute crainte.

 

C'est bien animé par un tel esprit d'obéissance et de discernement dans la lumière du Christ ressuscité que nous pouvons nous joindre à ce qu'a demandé notre archevêque dans sa tribune, parue dans le journal « Le Figaro », je cite : « Le déconfinement ne peut pas être seulement guidé par des impératifs d'ordre économique et sanitaire. Il faut aussi que la vie sociale, culturelle et religieuse puisse progressivement redémarrer. Car pour toute vie humaine, le sens et la relation font partie de l'essentiel. L'Eglise catholique a montré qu'on pouvait compter sur elle comme partenaire des pouvoirs publics pour réussir le confinement : n'ayons pas peur de lui faire confiance pour réussir durablement le déconfinement ! » (Mgr J-M Aveline, 29 avril 2020).

 

Chers frères et sœurs dans le Christ. Bon courage et à très bientôt pour le déconfinement dans le respect des règles sanitaires et surtout avec notre bon sens de chrétiens. Nous vous bénissons et nous vous confions à la Sainte Vierge Marie en ce beau mois de mai.

 

Père Henri Jourdan

Père Pierre Dumoulin

Père Martin Tran, curé

 

 

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